Nous avons une petite fille, Chloé qui a 19 mois. Nous allions lui donner un petit frère ou une petite soeur. C'était un petit frère.
Je suis tombée enceinte en aout dernier, je m'en doutais. Mais sur ce début de grossesse, je n'étais pas confiante, pas rassurée. J'en parle à ma sage femme. J'avais hate d'avoir ma 1ère écho, pour être rassurée.
1ère écho le 18 octobre. Je vois mon petit bout, pas d'émotion... j'attend le "oui, mais". Et en effet, le radiologue me dit que le bébé a une clarté nucale épaisse. Il a du mal à la mesurer et donne une fourchette large (3,8 et 4,2 mm). Et là , une fois dans ma voiture, je pleure tout ce que je peux, au téléphone avec mes parents aussi. Donc prise de sang dans la foulée que je fais le samedi.
Et là , commence l'attente... interminable. Je m'occupe, on m'occupe. Mais pour moi, la grossesse est "arrêtée", je ne me projette plus dans l'avenir. On m'apporte aussi beaucoup d'espoir. Nombre de mes amies copinautes qui connaissent des mamans qui ont eu un bébé avec une clarté nucale et au final le bébé allait bien. Je me raccroche à ça et je fais confiance à mon petit bébé. Au bout de 15 jours, résultat de la pds, il y a un risque de trisomie qui confirme donc l'écho. Amniocentèse de prévu 15 jours plus tard soit le 22 novembre. On attend encore. Puis vint ce jour. Moment très désagréable, mais qui passe heureusement très vite. On me dit que j'aurai les résultats sous une semaine vu l'épaisseur de la nuque. Mais j'ai toujours confiance et j'y crois dur comme fer que le bébé n'a rien.
Une semaine passe, 10 jours, toujours rien. J'appelle l'hopital. Et ce vendredi 2 décembre a été la pire journée de ma vie. Tout d'abord, on m'annonce que tout va bien, pas de trisomie. Ouf, je suis soulagée, j'appelle ma famille, on pleure au téléphone. Enfin, je peux "poursuivre" ma grossesse dans ma tête. Et à 17h, tout s'effondre. Le gynéco qui m'a fait l'amnio, m'appelle pour me dire que le bébé a un problème. "Pardon, mais ce matin, on m'a dit que tout allait bien". Oui, madame, ce matin tout allait bien à 99%! Il m'explique que le bébé a une trisomie 12, trisomie très rare (je suis la 2ème patiente dont le bébé a une T12 dans toute sa carrière), et me dit que mon bébé est gravement malade, et qu'il vaut mieux faire une IMG. Décision que je valide car on avait décidé avec mon mari qu'on ne garderait pas le bébé s'il y avait un problème. Mon mari rentre et je lui annonce. Il tombe des nues car il m'avait appelé une heure avant en sortant du boulot tout content.
La semaine suivante, rdv à l'hopital pour l'IMG. Je rencontre d'abord une généticienne qui m'explique la maladie. Et en sortant, je me suis sentie soulagée, apaisée et je culpabilisais moins. En fait, le bébé n'est pas viable. Il n'aurai jamais pu survivre. Et même s'il survivait à l'accouchement, il devait décédé dans les 1ères années de sa vie tout en souffrant.
2 jours après, je rencontre la sf qui me dit que l'IMG aura lieu le 13 décembre, et m'explique le déroulement.
Le samedi, 2 jours avant, j'ai des cachets à prendre. Dès dimanche soir, je ne me sens pas bien, j'ai mal au ventre. Je rentre à l'hopital, lundi en fin de journée. On me réexplique le déroulement de l'IMG. On me donne des cachets pour dormir et j'ai dormi comme un bébé. Je devais être la seule...
Mardi 13 décembre
Donc, la sf est venue à 5h30 me donner les 1ers cachets. J'avais super bien dormi grace aux cachets donnés la veille. La sf me demande si j'ai saigné pendant la nuit, mais ayant bien dormi, je ne m'étais pas levée pour aller aux toilettes. La sf part et je vais faire mon petit pipi et là , saignements. Je rappelle la sf qui m'osculte. Col dilaté à 1. Elle me dit bon, on continue à laisser faire. Et là , j'ai eu mal au ventre pendant 1h. Au début, je me disais que c'était du à l'examen. Ne connaissant pas les contractions (si j'en avais eu la veille), je ne savais pas ce que c'était (je n'en ai jamais eu pour ma fille). Et surtout une envie de pousser comme pour aller à la selle. Du coup, je ne savais pas si je pouvais y aller. A 6h45, je rappelle la sf qui regarde, et là , le col est complètement effacé. Et d'un seul coup, je me met à saigner abondamment, j'en met plein le lit. Là , la sf me dit qu'il y a 2 solutions soit, j'accouche dans le lit (car la poche des eaux est proche de la vulve), soit on monte en salle d'accouchement et on met la péri. En fait, elle avait peur que la péri n'agisse pas rapidement. Du coup, on va en salle d'accouchement.
Et là , impossible de me tenir assise que ça soit sur le fauteuil roulant ou sur le lit d'accouchement. Une horreur, surtout au moment de la péri. Bref, j'ai tenu bon et la péri sans problème, même pas eu mal (j'avais beaucoup plus mal au ventre) et ouf, elle agit rapidement. Mais pendant la pose de la péri, je commencais à me sentir mal car je ne tenais plus assise. Bref. Ensuite, la sf est venue, elle m'osculte et me dit qu'elle va percer la poche des eaux. Ensuite, elle me dit d'essayer de pousser pour faire sortir le bébé. En 1 poussée ou 2 (je ne me rappelle plus), mon petit ange Romain est sorti à 8h50 et il pesait 130g. Avec Eric, on a rien vu. La sf a emmené mon petit bébé dans une autre pièce. et ensuite un interne (pas moche du tout en passant
) est venu pour m'enlever le placenta. Et franchement, j'avais beau avoir mal (l'interne avait sa main dans mon utérus), j'étais quand même dans un moment dramatique, et bien j'étais morte de rire. En plus, l'interne me dit que si j'ai trop mal, on pouvait me donner du gaz hilarant. Je lui ai dit non car je rigolais déjà toute seule, alors avec le gaz, ça aurait été pire que tout. Je me suis quand même excusée, en disant que je ne me moquais pas de lui, que c'était nerveux. Enfin bref, le placenta a quand même été enlevé.Ensuite la sf me demande si je veux voir le bébé. J'ai dit oui. Eric est sorti. Et là , elle me l'amène. Au début, je me suis dit ouh la la. Et puis, j'étais attendri car c'était mon petit bébé. Et la sf l'a ramené. Elle est revenue vers moi pour discuter, pour que je puisse parler.
Ensuite, on m'a gardé 1h30 et je suis retournée dans ma chambre vers 11h.
Maintenant, il faut qu'on fasse notre deuil. Là , j'avoue que c'est très dur moralement, et les nuits ne m'aident pas à récupérer. Heureusement qu'on a une petite fille pleine de vie, une vraie tornade et on n'a pas le temps de penser avec elle.
Je n'ai qu'une seule envie, me remettre dans les essais et je sais que ça sera ça ma vraie thérapie. Mais ça viendra quand ça viendra, il ne faut pas que je me mette la pression.
Désolée pour ce long roman


















